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Conférence Annuelle 2014: Intervention du Prof. Taoufik Rajhi sur la gouverance publique en phase de transition démocratique

La deuxième session de la journée d’étude organisée par Jasmine Foundation sur le sujet de la gouvernance publique en phase de transition démocratique, a traité du thème de la gouvernance économique en phase de transition ainsi que des méthodologies et approches d’évaluation de l’action publique pendant de telles phases. M. Élyès Jribi a modéré cette session lors de laquelle il y a eu trois interventions : celle de l’économiste en chef de la Banque Africaine de développement, professeur Taoufik Rajhi, de l’économiste et membre de l’Assemblée nationale constituante, professeur Moncef Cheikh-Rouhou, et de l’économiste et statisticien Dr. Safouane Ben Aissa.

Ce second grand moment de la conférence organisée par JF était consacré à l’évaluation de la gouvernance économique en phase de transition démocratique.  Incontournable dans l’analyse de la Révolution Tunisienne, cette question sans cesse mise en avant dans le débat public, nécessite de se départir des poncifs généralement admis pour se consacrer à la spécificité du contexte local. Nos trois panélistes ont tenté de répondre aux questions suivantes : comment doit-on évaluer l’efficacité des politiques économiques, budgétaires et fiscales entreprises depuis le début de la transition. Quelle approche doit-être privilégiée pour évaluer l’investissement public dans les infrastructures au cours des deux dernières années, en particulier dans les régions ?

Lors de son intervention professeur Taoufik Rajhi a affirmé qu’il n’est pas nécessaire d’adopter une méthodologie spéciale pour évaluer les politiques publiques en phase de transition démocratique. Ce sont selon lui les politiques qui diffèrent selon la période considérée. Par exemple, mettre en place une politique macroéconomique en période de transition n’est pas la même chose que mettre en place une politique macro en période de croissance économique.

Professeur Rajhi a parlé de deux types d’évaluation : l’évaluation ex-ante et l’évaluation ex-post. Dans le champ des politiques économiques, l’évaluation ex-ante peut procéder par des simulations mesurant l’impact des politiques publiques à mettre en œuvre sur la période future. Selon lui, c’est là la capacité des économistes à réduire les risques de mauvais résultats.

Quant à l’évaluation ex-post, elle se concentre surtout sur les résultats, avec d’une part, la comparaison entre les résultats atteints par rapport aux objectifs fixés et l’évaluation des contraintes qui ont ralenti ou empêché la réalisation des résultats.

Selon professeur Rajhi en ce qui concerne les politiques économiques après la révolution, on peut dire qu’elle n’étaient ni claires ni soutenues en 2011, étant donné qu’il s’agissait d’une année de choc en Tunisie, où il était extrêmement difficile de procéder à de véritables choix de politiques macroéconomiques, mais où il fallait gérer la transition sur le plan social et politique. Quant à 2012 et 2013, elles auraient pu être, selon lui des périodes plutôt positives où la mise d’une autre politique macroéconomique aurait été plus efficace.

Après avoir fait le tour des politiques macro-écnomiques qui auraient pu être adoptées, professeur Rajhi décrit la politique macro-économique qui a été choisie : celle du « go and stop ». Il décrit les grandes lignes de cette politique ainsi que sa mission : la reprise économique et l’infléchissement de la courbe du chômage. Cette politique creuse temporairement et de manière voulue le déficit car elle Il augmente les dépenses publiques, avec l’augmentation du budget de l’Etat en matière d’investissement mais elle permet de relancer l’économie. Professeur Rajhi explique, en se référant à la courbe de Philips qui est l’une des bases de l’économie, qu’il n’est pas possible de réduire le chômage et l’inflation en même temps. C’est un coût qui est inévitable mais qui doit être anticipé par la politique macro. Il faut, cependant, rappelle-t-il, respecter la soutenabilité de la dette.

Mais, même si le budget de l’investissement a augmenté, ce budget a connu un taux d’investissement très faible à cause du faible engagement du secteur privé. Or, il s’agit du moteur de la croissance économique. Selon Rajhi, l’exécution du budget n’était pas à la hauteur pour plusieurs raisons dont principalement la capacité de l’Etat à mobiliser le secteur privé dans un cadre d’accords public-privé.

Par ailleurs, professeur rajhi parle de la bulle de dépenses de compensations comme l’élément le plus important ainsi que l’une des contraintes les plus pesantes sur l’économie tunisienne. Selon lui, Il faut du courage politique pour pouvoir remettre ces politiques en question.

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