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REFORMES ET PLURALISME POLITIQUE DANS LE MONDE ARABE

Dans le cadre du projet « Le pluralisme en politique au Moyen Orient et en Afrique du Nord », The Hollings Center for International Dialogue, en collaboration avec Jasmine Foundation pour la Recherche et la Communication et Solidar Tunisie a organisé, le mardi 9 Octobre à l’hôtel Movenpick aux Berges du Lac 1, une conférence sous le thème  « Réconcilier les grandes réformes avec le pluralisme politique ».

Le mot de bienvenu fut présenté par Mme Sanem Güner, de The Hollings Center for International Dialogue, ou elle a remercié les invités présents et présenté les panélistes intervenants.

Lors du premier panel, Dr Tesnim CHIRCHI, directrice exécutive de Jasmine Foundation pour la recherche et la communication, en qualité de modérateur a remercié le tuteur de l’événement. Par la suite, elle a présenté le sujet du panel traitant des perspectives du pluralisme politique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord pour conclure avec la problématique de pouvoir engager des réformes dans un contexte de pluralisme politique.

La première intervention fut au Pr Haykel Ben Mahfoudh, Professeur en droit à l’université de Carthage. Durant son intervention Pr Ben Mahfoudh a abordé la question des garanties nécessaires pour des réformes institutionnelles réussies. Pr Ben Mahfoudh dit que la capacité des régimes arabes à absorber les notions démocratiques demeure une question indispensable pour appuyer la démocratie. Il se demande quel symbole a le pluralisme politique dans les pays arabes et quel est son importance aux yeux des régimes arabes.

Il a ajouté que le vrai enjeu en Tunisie est la lutte contre une démocratie non libérale due au populisme ainsi qu’à une personnalisation et personnification du pouvoir.

Mme Sanem Güner était la deuxième intervenante, elle a présenté le rapport élaboré par le Hollings Center intitulé “Political Pluralism in the Middle East and North Africa”. Via cette présentation, Mme Güner a posé plusieurs questions ; Dans un contexte ou l’autoritarisme tend à regagner sa place dans le monde arabe, quelles catégories et identités sont pertinentes dans la vie politique, Si le spectre politique conçu en termes de droite et de gauche a toujours une pertinence. Comment les acteurs et les activistes se définissent-ils et pensent-ils par rapport aux points de référence idéologiques conventionnels tels que la laïcité, le nationalisme et l’islamisme …

Mr Zaid Al Ali de International Institute for Democracy and Electoral Assistance (IDEA) a parlé de son expérience dans le monde arabe post révolution, il mentionne que plusieurs pays essaient de canaliser le pluralisme dans la voie de la démocratie comme il se doit de le faire, toutefois, dans plusieurs pays le processus démocratique a exclu les réformes sécuritaires et économiques, ce qui a créé une grande brèche dans l’ensemble du système à l’exemple du Yémen et de la Libye.

Mr Michael Bechir Ayari de International Crisis Group quant à lui a évoqué le sujet de la citoyenneté, il dit que les circonstances politico-historiques dans lesquelles vivait la zone du Moyen Orient- Afrique du Nord a engendré un développement de citoyenneté négative. Il ajoute qu’il demeure désormais du devoir de l’élite politique tunisienne de recréer et reconstruire la notion de la citoyenneté dans le pays.

Le deuxième panel intitulé “Reconciling Deep Socio-Economic and Institutional Reforms with Stability”, fut modéré par Mme Lobna Jeribi ex-parlementaire et présidente de Solidar Tunisie.

Mme Lobna Jeribi, lors de son intervention, a valorisé l’importance des instances constitutionnelles. Par la suite elle a présenté les panélistes invités ; Pr Hatem Mrad, Mr Mahmoud Ben Romdhane et Mr Hamza Meddeb.

Pr Hatem Mrad, Professeur en Science Politique à l’Université de Carthage, a rappelé que la base fondamentale de la politique d’un pays est fondée sur son régime. Aussi, il a présenté les circonstances politico-historiques qui ont généré la crise politique dans laquelle la Tunisie se voit se heurter. Par la suite, Pr Hatem Mrad a critiqué le régime actuel de la Tunisie, le définissant d’hybride, le qualifiant d’inadapté à la culture tunisienne ainsi qu’au système de transition et l’accusant de bloquer le processus démocratique et l’appui au pluralisme politique.

Mr Mahmoud Ben Romdhane, ex ministre des Affaires sociales a présenté un état des lieux sur la situation économique du pays post révolution. Il dit aussi que pour dépasser la situation politico-économique dans laquelle la Tunisie, actuellement, est, les réformes socio-économiques demeurent une exigence. A la fin Mr Ben Romdhane a rappelé à un avertissement ; il mentionne que « faute de réformes, le risque de voir l’opinion public regarder vers le passé est grand ».

Mr Hamza Meddeb, Fellow de l’Institut universitaire européen, a présenté la situation après révolution comme un cercle vicieux non seulement pour la Tunisie mais aussi pour toute la région MENA, il ajoute qu’aucun des gouvernements n’aurait pu faire des réformes sans subir des conséquences économiques appuyant que les institutions sont toujours faibles et que plusieurs organismes sont devenu des veto-groups.

Pour télécharger le rapport de Political Pluralism in the Middle East and North Africa

À propos Wassim Dalil

Wassim Dalil
ناشط بالمجتمع المدني، رئيس تحرير مواقع اخبارية، مراقب إعلامي

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